Le jour où j’ai décidé de faire le grand saut

« Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie » – Goethe

6h A.M.

Le réveil-matin sonne. Pendant que mes sens reviennent tranquillement à leur état conscient, je peux entendre le son que fait la pluie, alors que celle-ci se heurte à ma fenêtre de chambre. « La vie fait drôlement les choses », me dis-je à moi-même.

Nous sommes le 21 décembre 2018 et il pleut. En cette 1ère journée du solstice d’hiver, Mère Nature nous offre de la pluie, et ce, la journée même de mon grand départ. Est-ce une coïncidence ou veut-elle plutôt me rendre nostalgique?

Après 5 ans chez mon employeur actuel, 10 ans comme avocate et autant d’années que je me souvienne comme salariée, j’ai finalement décidé de faire le grand saut: j’ai donné ma démission pour me lancer en affaires. Et oui! J’ai osé laisser derrière moi ce que plusieurs appelaient « la grosse job avec le gros salaire », « la job de rêve » ou encore « la job où j’excellais ».

C’est vrai. Cet emploi là j’y ai mis du temps, des efforts et du coeur. Je l’ai voulu, je l’ai créé et j’en ai fait mon domaine d’expertise. Cet emploi là m’aura amené le plus grand succès de ma carrière juridique, mais également mes plus grands défis. Et, malgré tout ça, j’ai finalement décidé de faire le grand saut. Pour quoi? Pour rien de plus qu’une idée en tête, un désir de me sortir de ma zone de confort, un désir d’être sur mon X et d’avoir un impact positif dans le monde.

Suis-je tombée sur la tête? Suis-je à ce point immature et inconsciente? J’aurais tendance à croire tout le contraire. C’est justement parce que je suis consciente de mes désirs et de la vie que je veux mener que j’ai décidé qu’il était temps pour moi de me jeter dans le vide.

Pendant plusieurs années, j’ai secrètement chéri le désir de créer ma propre entreprise. Toutefois, la simple pensée de quitter ma sécurité financière ou la stabilité d’un emploi rémunéré me faisait peur. Y penser faisait montrer en moi l’angoisse et je voyais soudainement toutes les embûches que j’aurais à surmonter avant de pouvoir prétendre avoir quelque chose qui se tienne le moindrement debout et qui n’ait pas l’air d’un château de cartes prêt à s’effondrer à tout moment.

Nous avons toujours l’impression que se lancer dans le vide, que de faire le grand saut vers l’inconnu, signifie qu’il n’y a aucun filet de secours: « Et si je me jetais en bas et que je n’arrivais jamais à me relever? » « Est-ce vraiment le bon timing? » « Ai-je les nerfs assez solide? » « Ai-je un bon produit? » Tant de questions auxquelles nous n’avons aucune réponse… À vrai dire, nous pouvons toujours nous convaincre qu’il y a maintes raisons de ne pas se lancer. La prise de risque est évidente et la peur est bien réelle.

 

Mais c’est là où j’avais tout faux. C’est là où je me suis rendue compte qu’il y avait toujours un filet de sauvetage. Car cette journée du 15 novembre 2018, celle où j’ai prononcé, devant mon patron, les mots « J’ai décidé de quitter », cette journée-là, ce n’était pas la peur qui m’avait envahie, mais un sentiment quasi inexplicable de sérénité, de confiance et de contrôle.

Et c’est à ce même instant que j’ai su que je venais non seulement de prendre une des plus grandes décisions de ma carrière et de ma vie, mais également une des plus alignées avec la personne que je suis aujourd’hui. Car lorsque l’envie et le désir d’entreprendre deviennent plus fort que tout le reste, c’est alors là que vous savez, du plus profond de vous-même, que c’est le bon moment. C’est à ce moment que vous savez qu’il y a bel et bien un filet pour vous attraper.

Nous oublions trop souvent que lorsque nous entreprenons quelque chose qui résonne en nous, qui nous fait vibrer, nous trouvons, à tout coup, quelque chose de mieux, quelque chose qui nous amène vers notre X.

Et c’est à cet instant, juste au moment où nous nous apprêtons à nous lancer, que la peur nous quitte pour faire place à la paix intérieure. À tout le moins c’est comme ça, moi, que je l’ai vécu. J’ai décidé d’oser, de me faire confiance, de faire confiance en la vie et d’être maître de ma destinée.

N’ayez craintes, je suis pleinement consciente que la route ne sera pas toujours facile, qu’elle sera parsemée d’embûches et de journées ou moments plus difficiles que d’autres.  Mais, malgré tout, j’ai le goût d’essayer. Trop souvent, nous avons tendance à vivre notre vie par « procuration ». Nous reproduisons des schémas de pensées, nous nous enfermons dans notre petit cocon, nous menons notre vie suivant le dicton metro-boulot-dodoen duplicant tous les jours les mêmes gestes. Est-ce si mauvais que cela d’agir de la sorte? Non, certes. Mais la vie m’a récemment fait réaliser qu’être libre, c’était choisir ses propres contraintes, et il est maintenant temps pour moi de choisir des contraintes différentes. Je crois fermement qu’au bout du compte, tout est une question de #mindset. Comme Tonny Robbins l’a si bien dit:

« Stop being afraid of what could go wrong, and start being excited of what could go right. »

Alors voilà. J’ai décidé qu’en 2019, je ne regarderais pas derrière moi en me demandant pourquoi, mais que je regarderais plutôt vers l’avant en me disant « pourquoi pas! ».